Capitaine de l’équipe de France de volley assis, Jocelyn Truchet nous parle de ce sport paralympique

Le volley assis est un sport paralympique depuis 1980, très développé en Europe et ailleurs. Jocelyn Truchet, capitaine de l’équipe de France et licencié à l’ASUL, nous parle ce sport surprenant !

Pouvez-vous vous présenter ?

Je m’appelle Jocelyn Truchet, j’ai été militaire pendant douze ans dans les chasseurs alpins. À la suite d’une blessure j’ai dû me réorienter et je suis allé vers la communication. J’ai participé à des compétitions de blessés de guerre, aux États-Unis, en Corée du Sud… C’est comme ça que j’ai découvert le volley assis aux Invictus Games en 2016 à Orlando. Nous avions monté une équipe de blessés. C’était une compétitionmultisports avec du volley assis dedans. Ça m’a beaucoup plu ! J’ai donc cherché à savoir ce qu’il se faisait en France au niveau de ce sport. Ça correspondait au moment où la fédération de volley-ball avait décidé de le développer car ce n’était pas encore le cas en France.

Aujourd’hui, je suis licencié à l’ASUL et aussi capitaine de l’équipe de France de volley assis. 

Avec votre rôle de capitaine, vous avez aussi un rôle d’ambassadeur ?

Oui, j’essaie de démocratiser le sport, de montrer que c’est un vrai sport. Hier un valide est venu s’entrainer avec nous et a dit qu’il a plus transpiré au volley assis que lors de son entrainement debout. Au début c’est dur de bouger. Ça fait sortir le valide de sa zone de confort.

Vous êtes combien dans une équipe de volley assis ? 

Ça dépend. Au niveau international, on est obligé d’être une personne handicapée pour faire des compétitions, mais en France c’est mixte. Par exemple à l’ASUL nous sommes deux personnes en situation de handicap et ce sont des valides qui complètent l’équipe. Pour le challenge France, s’il n’y a pas de personnes handicapées dans l’équipe, tu attaques avec un déficit de 5 points sur les sets. Ce sport se joue à 6 contre 6 comme au volley debout.

Comment ça se passe ?

Il y a une douzaine de clubs qui participe au challenge France. Ils sont un peu partout, dans le Nord, Poitiers, Orléans, Caen… Charenton est aussi un gros club, vainqueur l’année passée du challenge France. C’est un tournoi à chaque fois avec dix à douze équipes. Comme on a fait à Lyon en décembre, nous avons organisé une manche du challenge France. Ensuite, il y a un classement avec des points et en fin d’année, il y a les qualifications pour les phases finales. 

Avec l’équipe de France ça se passe comment ? Il y a des sélections ? 

Nous avons des stages tous les deux mois. On essaie de changer de ville, aller un peu partout en France pour faire de la promotion et développer un peu le sport. Généralement c’est sur un long week-end. 

DSC_1252.JPG

Il y a beaucoup de compétitions européennes ?

Ah oui ! En Europe nous sommes la 26èmenation au niveau du volley assis. Au niveau international il y a pas mal de tournois. Championnats d’Europe, championnats du monde et les jeux paralympiques. Il y a aussi un tournoi avec les six meilleures nations. 

Le niveau doit être élevé ?

Oui tout à fait ! C’est un peu plus dur pour nous par ce ne sont que des nations qui ont de l’expérience et qui sont structurées depuis longtemps, où le sport est déjà connu et développé. Les grosses nations de volley assis sont l’Iran, la Bosnie, le Brésil, la Russie, l’Allemagne etc. L’Allemagne a été longtemps championne d’Europe.

A l’international ce ne sont que des personnes handicapées ?

Oui à partir du moment où l’on fait des compétitions. En France pour le moment c’est mixte car il faut développer le sport, peut-être qu’à terme ce serait maximum un valide par équipe. Le but c’est d’avoir que des équipes de personnes en situation de handicap. Au niveau international, il y a une classification, on passe devant un expert, qui voit suivant les handicaps, car tous les handicaps sont différents et il faut bien les classifier. Le but est de savoir si on est assez handicapé pour aller en compétition internationale.

Quelles sont les particularités du volley assis ?

Au volley assis nous sommes assis par terre, et la principale règle c’est que quand on joue la balle, il faut que les fesses touchent le sol. On n’a pas le droit de pousser pour se lever, il faut vraiment rester au sol. 

Ce doit être très physique pour le haut du corps ? 

Complètement, cependant ça bouge bien ! Le terrain fait six mètres de largeur par cinq mètres de profondeur. Avec, comme au volley classique, des équipes de six contre six. La hauteur du filet change, elle est à 1m05 pour les femmes et 1m15 pour les hommes. On peut aussi contrer le service au volley assis. Les matchs se jouent en trois sets gagnants. 

Des structures comme l’ASUL, c’est un réel plus, non ?

Oui, du coup cette année nous avons pu participer au challenge France. Ça nous a bien motivé aussi le fait d’organiser. Le challenge France ça se joue à 4. Le terrain est un peu plus petit, mais on bouge bien ! La durée des matchs dépend du nombre de sets gagnants. Si on passe en 5 sets ça peut durer au moins une heure et demi. 

Les objectifs de l’ASUL au volley assis c’est quoi ?

C’est d’être bien classé, au moins le podium sur le challenge France. Puis l’an prochain de continuer à développer et attirer des gens pour s’entrainer, avoir un collectif plus grand et pourquoi pas faire deux équipes. Surtout essayer de démocratiser le sport pour que des handicapés viennent jouer avec nous. 

Combien d’entrainements par semaine avec l’ASUL ?

Nous faisons deux entrainements par mois. J’ai aussi monté une section à Chambéry et c’est tous les mercredis. Puis un week-end sur deux il y a le challenge France, sans compter les stages en équipe de France et le renforcement musculaire. 

Quelles sont les caractéristiques d’un bon volleyeur assis ?

Ça demande beaucoup plus d’anticipation que le volley debout car étant donné que nous sommes très près du sol, nous n’avons pas ce matelas de sécurité avec la hauteur. Il faut beaucoup anticiper les mouvements de balles et être rapide sur le terrain.  

Et pour l’équipe de France, quel est l’objectif ?

En février, nous partons en Croatie pour le tournoi qualificatif aux championnats d’Europe qui sont en juillet. On est encore une équipe en formation, le but c’est que nous ayons une expérience à l’international. Nous ferons de notre mieux et nous verrons bien !

Vous participez au développement de la structure en France ?

J’essaye de faire des animations pour faire connaitre le sport, en parler dans les écoles. Lors des stages il y a des matchs d’opposition, de gala où les gens peuvent venir voir. 

Un petit mot pour la fin ? Des projets personnels ?

Le volley assis est un super sport où valides et handicapés peuvent jouer et s’amuser ensemble. J’espère que nous serons de plus en plus nombreux !

Sinon, au niveau personnel, je suis en train de monter une entreprise de location de matériel : uniformes, armement, formation des acteurs, véhicules anciens… Tout pour faire un film de guerre ou d’action de 1914 à nos jours et en parallèle j’ai écrit et je réalise un court métrage sur les combats de juin 40 face aux italiens en Savoie. On tournera en mai. 

Crédit photo : ASUL Volley – FFV.

 

Pub Expe sur Gones Sports

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.