ASUL Lyon volley-ball, un grand club formateur

André Glaive, président de l’association Gones Lyon ASUL Volley, qui est la branche amateur de l’ASUL, nous parle du club, de la formation et des objectifs de ce fleuron lyonnais.

Quel est votre parcours ?

À la base, je suis professeur de physique, je suis un joueur de volley depuis mon plus jeune âge. J’ai joué en première division et ai été sélectionné plusieurs fois en équipe de France. A un moment donné j’ai été sollicité par la fédération, pour m’occuper de la détection des jeunes et de la formation des entraîneurs. Donc j’ai totalement changé, j’ai abandonné mon métier de professeur pour rentrer à la direction technique et je me suis occupé au départ de remettre en place la formation des entraîneurs, puis entraîneur national des équipes de jeunes, filles puis garçons. Tout cela à Paris, m’amenant à faire des aller retours Lyon-Paris.

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Au bout de sept ans, je suis devenu directeur technique de la fédération pendant plus de huit ans… Je suis parti à la retraite, et là je continue au niveau de la fédération internationale en faisant des missions à l’étranger, pour former des entraîneurs ou en tant que consultant pour les équipes nationales.

Qu’est-ce que l’ASUL ?

L’ASUL est depuis des décennies le plus grand club de volley de la région Auvergne-Rhône-Alpes, avec des hauts et des bas surtout liés, non pas aux résultats sportifs mais aux aspects financiers.

Il y a quatre ans nous étions en Ligue A. Nous sommes redescendus en Ligue B, et à la fin de l’année 2017-2018 le président, n’ayant plus les moyens financiers de continuer en Ligue B, a décidé que le club repartirait en Élite. C’est-à-dire en dessous de la Ligue B.

Depuis ces problèmes financiers, en juin 2018 nous avons décidé de faire deux associations : l’ASUL Volley, qui s’occupe de l’Elite, du centre de formation et de l’équipe de N2 et une autre association, Gones Lyon ASUL Volley, qui gère tout le secteur amateur, le loisir, le volley assis, les équipes de jeunes, les équipes séniors qui jouent en départementale et en pré-nationale. Je suis le président de cette deuxième association.

Krassimir Todorov est le président de l’association ASUL traditionnelle. Au niveau sportif, l’équipe qui est en élite domine très largement le championnat. Il y a deux poules en Elite, poule A et poule B. L’équipe est première de la poule B avec sept points d’avance sur la deuxième, Harnes.

Nous pourrions remonter mais cela dépendra des finances. L’équipe de N2, qui est liée au centre de formation est troisième de sa poule. La constitution de cette équipe évolue, à chaque match, en fonction des joueurs qui sont appelés à jouer en Élite. Et la deuxième équipe du centre de formation est en pré-nationale, susceptible de monter en N3.

Avec les deux associations que vous citez, combien avez-vous d’adhérents ?

Nous avons environ 400 adhérents avec les 2 associations se répartissant ainsi : 5 joueurs attachés à l’équipe Elite, 12 joueurs dans le centre de formation agréé, 4 joueurs rattachés au centre de formation, tous les autres étant dans le cadre du secteur amateur.

Malgré les problèmes financiers, avez-vous pu conserver des joueurs professionnels au sein de votre effectif ?

Nous avons réussi à conserver trois joueurs le pointu Martin Jambon, le passeur Luka Cubrilo et le central Nicolas Gardien. Nous avons fait venir un deuxième passeur, Hugo Caporiondo qui était au centre de formation de l’ASUL et qui est parti deux ans à Montpellier et nous avons recruté un libéro qui jouait à Avignon en Ligue B.

D’où viennent les jeunes du centre de formation ?

Ils viennent de partout. Le centre de formation est agréé depuis 2013. L’agrément dure quatre ans. En 2017 notre agrément a été reconduit jusqu’en 2021. Il n’y a pas beaucoup de centres de formation en volley-ball. Depuis cet agrément, nous avons 31 joueurs qui sont passés par notre centre. Actuellement, il y en a douze en formation et dix-neuf qui sont sortis. Parmi eux, il y en a neuf qui sont devenus professionnels, comme Hugo Caporiondo, Axel Trutchev qui est allé à Sète, Anis Ben Tara, Tunisien, qui est parti à Chaumont. On a eu d’autres joueurs étrangers, espagnols, américains, tunisiens, bulgares, suisses, luxembourgeois, bosniaques…

Comment recrutez-vous les joueurs ?

Nous sommes très sollicités sur internet par des joueurs extérieurs ou par certains de mes contacts, étant aussi instructeur de la fédération internationale.

Cela permet de détecter des talents qui peuvent être intéressants pour se former à Lyon.

Quels sont les objectifs du centre de formation ?

L’objectif d’un centre de formation est le double projet : donner le maximum d’entraînements aux joueurs, douze, quinze heures par semaine et faire en sorte qu’ils continuent leurs études. Nous avons notamment plusieurs joueurs à l’INSA et à l’UFRSTAPS Le but est de les amener au plus haut niveau et si possible au niveau professionnel.

L’INSA est une école d’excellence, qui, en plus, permet aux joueurs d’avoir un emploi du temps aménagé.

Comme dans un sport collectif, il est nécessaire que les joueurs soient ensemble, les entraînements du Centre de formation se déroulent à des horaires tenant compte des emplois du temps de chacun, sachant que certains ont la possibilité d’avoir des entraînements individuels, en fonction de leur disponibilité.

Quels sont les objectifs de la structure amateur, Gones Lyon ASUL Volley ?

Concernant les jeunes, le but est de les préparer à atteindre un certain niveau. Nous avons notamment deux sections sportives dans les 6èmeet 5èmearrondissements.

L’objectif est d’avoir un maximum de jeunes pour déceler des talents et mettre en place de bonnes conditions d’entraînement car pour performer il faut s’entrainer beaucoup. Il y a aussi le volley santé à travers une pratique loisir.

Avez-vous des équipes féminines ?

Nous en avons uniquement chez les jeunes, jusqu’à 20 ans. Nous avons également 3 équipes féminines qui participent au championnat FSGT. À une époque l’ASUL féminine a été championne de France. Nous avons aussi eu une équipe il y a sept ans qui était en élite, mais nous n’avons pas pu continuer, car il est très difficile financièrement d’avoir une équipe masculine et une équipe féminine à haut niveau.

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Parlons un peu du volley assis !

À la base, la fédération handisport n’a jamais voulu intégrer le volley assis dans ses structures.  La fédération française handisport considérait que se déplacer assis était dégradant. Donc, elle n’a jamais voulu le développer. Mais à l’approche des jeux olympiques de 2024 et du fait que c’est un sport paralympique très spectaculaire,le ministère a donné la délégation de gestion du volley assis à la fédération française de volley.

Ça commence donc à se développer en France. A l’ASUL on a organisé une étape du challenge de France de volley assis en décembre. Il y a eu une dizaine d’équipes qui sont venues de Paris, Charenton, Orléans, Aubenas, Villeneuve d’Ascq. Nous avons aussi le capitaine de l’équipe de France de volley assis, Jocelyn Truchet. Son histoire est très intéressante car c’est un ancien militaire qui a perdu sa jambe dans une explosion en Afghanistan. Depuis sept ans, il est motivé par le volley assis. Pour la première fois cette année, nous participons au challenge de France de volley assis. Pour y participer, il faut avoir au moins une personne handicapée. Notre équipe est composée de deux personnes handicapées que nous complétons avec deux valides.

C’est l’avantage de ce sport, les valides et non valides jouent ensemble. De plus, Il n’y a pas besoin de matériel, souvent onéreux, contrairement au handball ou au basket, qui nécessitent des fauteuils. Pour le volley assis, il suffit de s’asseoir par terre et c’est très spectaculaire.

Est-ce que le volley assis est un sport mixte ?

Le challenge de France est mixte : hommes, femmes, handicapés, valides. Les équipes avec des personnes handicapées partent avec des points d’avance quand elles rencontrent des équipes où il n’y a pas d’handicapés. Dans les grandes compétitions, c’est catégorisé car la hauteur du filet est différente entre les hommes et les femmes et seuls les non valides participent.

Et pour finir, que pouvons-nous vous souhaiter ?

J’espère que le volley-ball de très haut niveau reviendra à Lyon. L’ASUL a toujours été porteur du Haut Niveau dans la Région.

Cela est important car la Ligue Auvergne-Rhône-Alpes est la deuxième Ligue de France.

Une bonne solution pour cela, serait que, dans le pôle sportif de Gerland, il y ait un lien entre le LOU et l’ASUL.Un peu sur le modèle des clubs espagnols, comme le Barça ou le Real de Madrid. Ce sont des clubs qui sont surtout connus pour leurs équipes de football mais qui englobent en réalité d’autres sports à haut niveau. Cela serait une solution qui permettrait de développer l’environnement de Gerland. D’autant plus que le LOU, comme l’ASUL, est un club historiquement universitaire. Il y a donc des convergences qui peuvent se mettre en place.

 

Crédit photo : André Glaive.

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